Le Sud, contre Vivalia 2025 – Le Soir 23/09

Sans titreLa manifestation pour dire non au plan Vivalia 2025, et donc oui au maintien d’un hôpital aigu à Arlon, a mobilisé la foule ce samedi matin. Selon les organisateurs et la police, unanimement d’accord, ce qui est rare, l’estimation sur la place Léopold tourne autour de 3.000 personnes. Mais ils devaient sans doute être plus en rue car du haut de la rue des Déportés jusqu’à l’hôpital, ce fut une file ininterrompue. Impressionnant. « Du jamais-vu depuis la médaille de bronze de la nageuse Ingrid Lempereur, en août 1984 », dira le bourgmestre Magnus, ou depuis la colère des sidérurgistes en1977…

Certains nous ont soufflé que 3.000 personnes sur un bassin de vie de 100.000 personnes, ce n’est pas énorme, mais tout est relatif. Il est en tout cas rare dans le sud-Luxembourg de mobiliser autant de citoyens. Rare aussi de mobiliser autant d’élus de tous bords et de tous horizons. Car les bourgmestres d’Arlon, de Messancy, de Virton, d’Aubange, d’Attert, de Martelange étaient là, comme d’autres élus de ces communes, avec des représentants de Musson, St-Léger. Tintigny s’était fait représenter. Etalle inaugurait son arsenal des pompiers. Meix, Rouvroy, Chiny, Florenville, physiquement aux abonnés absents. Certains semblent être entre le bistouri et l’enclume… On a aussi noté la présence d’anciens bourgmestres d’Arlon et de Virton, Mrs Larcier, Deworme, Scharff. De l’hôpital à la place Léopold, tout le monde a défilé dans le calme, sans le moindre cri, la moindre intervention, comme l’avaient demandé les élus arlonais.

Juste quelques pancartes qui complétaient toutes celles que la Ville avait distribuées depuis une quinzaine de jours. Ce n’est que sur la place Léopold que les hommes politiques, et Pascal Pierre, président du conseil médical d’Arlon, ont pris la parole. Devant une foule compacte, tout acquise à la défense d’hôpitaux de proximité. Si la défense de l’hôpital est d’abord d’ordre géographique, puis stratégico-médical, le maire de Virton, François Culot, a resitué le débat. « Soyons clairs, je suis apolitique et non apparenté à un parti. Je ne suis pas défenseur d’une ville ou d’un axe. Si on peut nous démontrer et nous convaincre que le projet Vivalia 2025 représente l’avenir des soins de santé et est bon pour l’ensemble des Luxembourgeois, il faut avoir le courage politique d’accepter ce projet. Même s’il peut paraître, à court terme, contraire aux intérêts d’une ville en particulier. J’ai l’impression qu’on nous présente un prototype dont on sait pertinemment qu’il ne verra jamais le jour. » La messe est déjà dite…

 Un non unanime, Vivalia 2025 est mort

 I l nous est impossible de resituer tout ce qui a été dit ce samedi sur le perron de l’ex-palais de justice. Chacun a eu sa vision des choses, mais… dans le même sens. Pour dire finalement non au projet Vivalia 2025. Le bourgmestre d’Arlon Vincent Magnus était le plus mordant, estimant « qu’il est inacceptable que le bassin du sud, 110.000 personnes, soit oublié. Non à une polyclinique où il n’y aurait finalement plus grand-chose, même s’il y a le mot “clinique” ». Il rappellera ce qu’il a déjà dit depuis des semaines, en termes de mobilité, de financement très incertain, de déséquilibre de bassin de population. « L’hôpital doit être au milieu de sa population. Nous avons été les bons élèves de la province, nous sommes les premiers punis. Transformer

notre hôpital en polyclinique, jamais ! » Une vision corroborée par tous les autres élus. Romain Gaudron pour Ecolo, estimera que « certains pensent que l’hôpital unique est la seule manière de garantir à long terme des soins de santé dans notre province. S’interroger sur l’avenir de l’hôpital d’Arlon, c’est avant tout se demander “Quel est le projet politique de santé porté par Vivalia. Faut-il accepter un projet qui oublie de considérer la patientèle transfrontalière et son influence ?

Faut-il accepter un projet dans lequel rien n’est prévu en termes de mobilité, un projet contraire à la vision de l’aménagement du territoire prôné par le SDER de la Région ? Faut-il accepter un projet largement remis en cause par les conseils médicaux des différents sites de Vivalia ? Faut-il accepter un projet dont le plan financier prévoit une participation financière des communes et de la Province plus élevée, alors que les budgets sont déjà difficiles à boucler ?” ».

Le bourgmestre de Messancy estime que le Sud a depuis 20 ans fait un effort comme nulle part ailleurs. « Ce projet d’hôpital s’assimile aux travaux inutiles. Arlon doit rester une clinique à part entière. » Et puis, au-delà des voix unanimes, le président du conseil médical d’Arlon, Pascal Pierre, concluait : « Notre conseil réaffirmera sa demande pressente d’un hôpital à vocation régionale centré sur la zone la plus peuplée et s’oppose fermement la désertification médicale

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